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Manga – Bakuon Rettô

Il faut se rendre à l’évidence, il n’existe pas beaucoup de bandes dessinées « sérieuses » sur le milieu motard.
Joe Bar Team, grace à ses qualités et son humour, a lancé une mode qui ne s’essouffle pas. La BD motarde est humouristique. Mais le sujet s’essouffle. J’ai eu l’occasion de lire les Même pas peur, les Moto Râleuses et quelques autres titres, mais au final, on tourne un peu en rond… Bien entendu, il y a des motards dans les BD. Ce sont souvent les mauvais garçons, les bikers, les clichés finalement.
bakuon_retto_18Il y a quelques années, j’ai découvert Bakuon Rettô (爆音列島 – litt. L’Archipel (japonais) Vrombissant) de Takahashi Tsutomu. Depuis, j’ai dévoré les 18 tomes de la série en attendant avec impatience chaque nouveau volume.
Ce manga, dessiné de main de maitre, met en scène un jeune lycéen,Takashi, qui va découvrir l’univers des bosozoku. Véritable révélation pour lui, il intègre rapidement la bande et trouve sa première moto.
Et la plongée dans l’univers de ces gangs de motards des années 80 est saisisante !
Les bosozoku ont connu leur apogée dans les années 80-90. Ces jeunes de moins de 20 ans, passionnés par leurs machines et les courses de rue, sont rassemblés en clans. Etre bosozoku, c’est avant tout des motos, un code de l’honneur et des règles a respecter !
Leur passage a marqué l’archipel malgré l’essouflement du mouvement dans les années 90. S’il existe toujours des gangs aujourd’hui, leur influence n’est plus ce qu’elle était.
Si on trouve trace des bosozoku dans des manga comme GTO ou le cultissime Akira, Bakuon Rettô nous plonge totalement dans cet univers de gang, de code d’honneur, de gamins plus paumés que mauvais.
Ce manga est un pur seinen. Dur, réaliste, noir, il dépeint avec précision l’univers des bosozoku sans exagération de la part de l’auteur.
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A la fin de l’adolescence et à l’entrée dans le monde adulte, Takashi, découvre soudainement une autre vision de la vie, par ces rassemblements de motards, ces têtes brûlées vivant en marge de la société. Apparaissent rapidement le sens profond de l’existence et la difficulté de se conformer à la société. S’écartant des mœurs traditionnels d’une vie bien rangée, les héros se marginalisent peu à peu, cherchant leurs propres repères là où ils se sentent le plus valorisés. Avec leurs compagnons de route, défilant à toute vitesse dans Tokyo, sur leurs motos customisées.
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Et quelles motos ! L’auteur dessine avec soin ces machines usées jusqu’à la moelle, décorées avec un goût très… bosozoku. C’est juste superbe.
La série s’achève sur une postface de Takahashi Tsutomu très touchante. Après des indices disséminés ça-et-là sur les rabats de couverture des volumes précédents, l’auteur nous le confirme : ce récit est en grande partie autobiographique.
L’auteur du formidable Sidooh, termine encore une oeuvre magistrale, belle et touchante. Un formidable manga terminé, quoiqu’un peu rapidement, proprement.

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