Un ado qui veut rouler en mobylette, c’est chouette. Mais les critères de choix sont bien différents entre un adulte expérimenté et un jeune.
Avec les 14 ans de mon fils vient le temps du premier deux-roues motorisé. Et à notre grand étonnement, il nous a réclamé une vénérable mobylette. C’est fier et amusé que je me suis mis en quête d’un cyclomoteur. Mais pas si simple car il ne s’agit pas que de mon choix. Il faut aussi prendre en compte les envies et l’inexpérience du jeune homme ainsi que les inquiétudes de sa maman. Bref, il faut trouver un tréteau sympa, sécurisant et fiable.
Team Peugeot 103 ou Team MBK 51 ?
Je ne vais pas partir sur de l’exotique. Ça sera de la mob, de la vraie, de la mythique, de la Tricolore. L’une des 2 marques qui se sont tirées la bourre pendant plus de 50 ans : Peugeot et MBK. Faut juste choisir. Si leurs auras sont intactes et que ça se trouve partout, il y a tellement de modèles que même les plus férus s’y perdent.
Rapidement, on regarde les Peugeot 103 SPX et les 51 Magnum. Le Graal pour tout adulte qui a grandi dans les années 80-90. D’ailleurs, ces icônes font toujours envie aux ado d’aujourd’hui car le mien aimerait bien un SPX, avec son kick et sa tête de fourche.

Le garage mob idéal de Papa.
Sauf qu’aujourd’hui, le tarif de ces jeunes mamies est prohibitif. Pour un quinquagénaire qui veut se faire plaisir et retrouver le bijou de ses 14 ans, ça se comprend. Mais pour un jeune qui compte rouler par tous les temps, c’est pas l’idéal. Une autre solution serait de partir d’une base très fatiguée et de la refaire. Mais avec la restauration, pas sûr de s’en sortir beaucoup mieux financièrement. Et mon ado, il veut bien entretenir, mais il ne veut pas passer autant de temps à mécaniquer qu’à rouler !
Il faut du fun, du pratique et de la fiabilité.
Les critères de choix
En fonction de nos besoins, on a défini des critères :
- Une mob d’origine et en bon état général : qu’elle ait une belle présentation.
- Pas un modèle trop vieillot.
- Moteur et échappement d’origine : pas de kit Bidalot ou autre pot Ninja. On n’est plus dans les années 90, aujourd’hui la maréchaussée contrôle à la sortie des collèges.
- Un démarrage au kick et pas de pédalier : ça c’est non négociable pour mon ado car les pédales de vélo, “c’est vraiment nul”
- Allumage électronique et faisceau moderne, pour la fiabilité.
- Eclairage efficace, avec clignotants et feu stop dans l’idéal : pour être vu
- Un tarif contenu entre 800 et 1200€

Pour une mob “lookée” qui démarre au kick et avec un allumage électronique, il y a quelques modèles des années 90 : 51 Roadster, 51 Hard Rock, 103 Clip… Mais aujourd’hui, ils sont totalement hors budget. Pour l’option clignotants, il n’y a que la 51 Jazz chez MBK, mais niveau look, c’est vieillot.
C’est chez Peugeot qu’on coche le plus de cases avec la Fox : plus qu’un kick (démarreur électrique), des clignotants, un allumage électronique, un tarif contenu… En plus, il a un comportement routier sain et un moteur vif. Mais si c’est un bel hybride entre un scooter et une mob, c’est trop proche du scooter donc il est recalé (je cite : “c’est moche”).

On quitte les années 90 pour les années 2000. Si la mode des mob est passée depuis une décennie, on trouve bien quelques survivantes dans les gammes :
- Chez Peugeot, la Fox est encore là, accompagnée de la Vogue. Cette dernière, qui existe depuis la fin des années 80, même flanquée de l’appellation “Évolution” est restée très basique.
- Chez MBK, la 51 n’a pas passé le Siècle, mais il y a désormais le trio Dakota / Kansas / Phénix. Et celui-ci il se montre intéressant.
La dernière mob de MBK
En 2002, MBK arrête de commercialiser sa mythique 51 en Europe. Les normes ont eu sa peau. En plus le marché français est monopolisé par le scooter et la mécaboite, les chaînes de production passent au scooter.
Pourtant, entre 2002 et 2008, MBK commercialise en France une “51 modernisée”, produite par l’usine Turque de Yamaha.
Ce cyclo est décliné en 3 finitions : la Dakota, la Kansas et la Phénix. Le design, moderne, tranche avec la 51, même si on sent la filiation : partie cycle, moteur AV10… Et si certains “puristes” hurlent d’effroi à l’évocation de ces “ersatz de 51”, elles restent de vraies MBK, solides et fiables. Mais ils n’ont pas tort sur la difficulté de trouver aujourd’hui certaines pièces propres aux modèles.

De ce trio, la Phénix est la plus “haut de gamme” ‘avec un kick, des clignotants des jantes alu. Moderne et fiable. Elle possède un look rondouillard qui ne plaisait pas vraiment à l’époque mais qui a du charme aujourd’hui.
Trouver une Phénix
Avec mon ado, on tombe d’accord : ce sera une Phénix. Ça n’a pas l’aura d’un 103 RCX mais ça reste stylé et vintage (et ouais, ça a déjà plus de 20 ans…). Il reste à le trouver.
Ce sont les modèles de mob les plus récents mais ont est très loin des chiffres de vente des années 80 et même 90. La Dakota a été la plus vendue du trio et se trouve plus facilement. Visuellement dépouillée, je la trouve plus réussie que les deux autres mais il y a un pédalier, pas de kick et pas de clignotants.
Et voici qu’un pote met en vente la collection de Motobécane de son père et dedans, il y a une Phénix ! En plus, c’est à côté ! On file le voir. Le cyclo est très propre, d’origine (il manque juste quelques autocollants), avec le moteur tout juste refait. Il ne lui manque qu’une bonne révision pour la remettre parfaitement d’aplomb pour un jeune.

Mon ado la trouve vintage sans faire vieillot. Maman est un peu plus rassurée. Et moi, je vois qu’elle est en bien bel état pour ses 20 ans.
Bingo, la mob est trouvée !


