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Suzuki DR 350 S

La DR 350 S est la référence de catégorie aujourd’hui disparue de trails polyvalent. Aussi bien à l’aise au quotidien que sur les terrains de cross.

Sortie en 1989, la DR 350 S a trouvé sa place sur un créneau de trail mid-size jamais vraiment mis en avant, entre les 125cc et les gros 600cc. Sauf qu’avec ses réelles qualités, elle a creusé son trou, trouvé son public et est devenu une référence !

C’est simple, la Suzuki 350 DR a permis l’apprentissage du tout-terrain à pas mal de motards le week-end et les a emmené bosser la semaine.

Esthétiquement, nous sommes sur du très classique. Des formes rondouillardes, un réservoir d’huile dans le cadre… Seul le bras oscillant détonne un peu : il est « vissé-collé ». C’est une technique qui venait de l’aéronautique. C’est inutile sur cette moto mais c’est joli.

Une espèce éteinte

Si la machine est très fine, elle est haute ! Même pour mon 1m95. Ces premières versions se démarraient uniquement au kick. Un décompresseur à la poignée pour trouver la bonne position et hop ! Un gros coup de jarret jusqu’à ce qu’elle démarre. Parce qu’elle est assez sensible du carbu la mémère. Soit elle démarre bien à froid et c’est un calvaire à chaud, soit c’est l’inverse. Il faut trouver le juste milieu niveau réglage…

Le 4-soupapes tourne dans un bruit sympathique de mono 4-temps pas encore castré par les normes. Je ne vais pas parler du poids de la moto, souvent critiqué par les pur « crosseux » parce que vu mon niveau, je n’ai rien remarqué. 130 kg tout plein fait pour 30cv, ça me va assez bien. Un DR600, ça c’est lourd ! D’ailleurs, dans les années 90, les 350 faisaient souvent jeu égal avec les gros 600 DR sur les terrains vraiment accidentés.

En ville, sur petits axes routiers, la moto est très sympa. Vive, haute et plein d’entrain, elle permet de se faufiler le nez au vent, avec le sourire. Je me suis éclaté grâce à ce petit moteur, qui malgré sa cylindrée, possède un vrai caractère. Par contre, une fois que la route se dégage, la moindre ligne droite un peu longue devient une vraie purge : ça plafonne à 100 km/h, la selle et dure et on en prend plein la tronche.

Mais ce n’est pas grave parce qu’en fait, c’est qu’une fois monté dessus, on se prend à vouloir gouter du chemin. Et c’est là que la DR nous dévoile ses atouts. Moteur coupleux qui reprend très bas, une moto bien suspendue, un poids contenu, elle permet de découvrir les joies du off-road avec un budget minimum. Certaines de ces machines ont carrément été transformées en machine de compétition. Enduro, randonnée, cross, endurance… Elle sait tout faire malgré sa faible puissance.

Et c’est à partir de là que ça se gâte.

Généralement utilisée par des randonneurs et en donnant l’impression d’être indestructible, les entretiens ont souvent été délaissés. Bluffante d’efficacité en tout-terrain pour un trail polyvalent, la moto se révèle fiable avec un minimum d’entretien : juste surveiller l’huile et mettre de l’essence.

Les motos disponibles aujourd’hui ont donc souvent souffert et il est difficile d’en trouver encore montées avec leurs accessoire d’origine. Ce qui casse a souvent été retiré ou remplacé. Les phares, clignotants, bavettes ont été perdus. Donc si le modèle qui vous plait ressemble plus à un cross qu’un trail, c’est que la petite DR a mangé de la terre. Attention, je distingue vraiment l’usage TT intensif et sportif de l’usage TT ponctuel et cool.

En plus des accessoires pour la remettre d’origine (si c’est le but), il va y avoir du boulot de remise en forme : contrôler la consommation d’huile (si la moto a surchauffé dans les rando sportive, le cylindre a pu bouger), contrôle de la distribution, remplacement des roulements de bras oscillant et de roues, joint de sélecteur qui fuit, vidange de fourche, traitement de la rouille du cadre et du réservoir (peinture loin des standards japonais de l’époque).

Suzuki a fini par équiper sa DR d’un démarreur électrique en 1993 et a vendu cette machine jusqu’en 2000. Elle a été remplacée en 2000 par la DRZ400, beaucoup plus moderne, crachant 40cv et à refroidissement liquide.

La DR350S fait partie de ces trails vraiment polyvalents et attachants, espèce éteinte aujourd’hui. D’occasion, il faut privilégier un modèle urbain qui aura l’avantage de ne pas avoir souffert dans les bourbiers et souvent plus complet.

Si elle est dépassée pour un usage intensif, la DR350S permet toujours au débutant ou à l’amateur occasionnel de se faire plaisir rapidement grâce à son équilibre général, son moteur et son coût d’entretien.

Et au quotidien, vous apprécierez sa polyvalence et son appétit de moineau.

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