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Ôde aux années 80

J’aime les motos des années 80. Si elles n’ont pas l’aura des machines des années 60 et 70, ces machines ont beaucoup apporté et restent très attachantes.

Pour être clair, j’aime les motos des eighties pour une raison très simple : elles sont fiables et permettent un usage quotidien. Parce qu’une moto qui reste dans son garage, c’est triste.

Je ne suis pas nostalgique de cette époque car je suis né au tout début des années 80. Donc niveau véhicule, je ne garde l’image que la Citroën GS de mon père avec ses phares jaunes, la Honda XLS de mon grand-père, les rallye-raids et les Grands Prix à la télé. Plutôt court non ?

Mais j’aurais aimé goûter à cette dernière décennie de liberté sur les routes. (Les plus intégristes de la sécurité routière diront bien entendu que c’était une époque de non-droit #belzebuthdelaroute)

1. Les années 80 marquent l’apogée d’un vision débridée de la moto.

Les motards n’étaient pas encore rentrés dans le rang, la répression routière ne faisait pas encore rage. Qu’importe le terrain, toutes les occasions étaient bonnes pour aller vite.

Les constructeurs se tiraient la bourre d’une manière beaucoup plus virile qu’aujourd’hui. C’était la course à la puissance. Toujours plus gros, toujours plus puissant. Ils ne s’étaient pas encore englués dans des gammes à rallonges et des déclinaisons incompréhensibles pour essayer de se démarquer les uns des autres.

C’est une époque ou les journalistes motos écrivaient noir sur blanc que les motos étaient stables à plus de 180 km/h.

La fin des années 80 sonnent le glas des aventuriers qu’étaient les motards.

2. Les eighties nous ont laissés des motos indestructibles

Les constructeurs japonais ont apporté en grande série quelques évolutions technologiques qui nous ont changé la vie :

  • Amélioration des châssis et des freinages. Les nippons se sont enfin penchés sur la question de la partie-cycle même si les machines européennes ont souvent fait bien mieux. Mais déjà, ça se tortille moins et ça freine.
  • Compatibilité avec l’essence sans-plomb. Ce n’est pas un détail car devoir ajouter de l’additif pour pouvoir rouler avec son ancêtre, c’est très contraignant. Les motos japonaises étaient compatibles depuis la fin des années 70. En comparaison, les Ducati ne l’ont été qu’à partir de 1992.
  • Généralisation des allumages électroniques. Un vrai bonheur de ne plus avoir à régler son allumage régulièrement.
  • Généralisation des carburateurs à dépression. Plus simple à régler et apporte un vrai plus en terme de souplesse et de consommation.
  • Les pneus tubeless. Alors oui, les jantes alu sont plus moches (mention spéciale à Honda et ses affreuses jantes en tôle). Mais en contrepartie, plus besoin de chambre à air.

Ces évolutions mécaniques resteront seront valables plus de 20 ans. Elles rendent surtout l’usage d’une youngtimer de cette époque utilisable au quotidien, sans stress.

3. Les années 80 nous ont gratifié de quelques mythes

Cette décennie marque aussi l’arrivée des carénages et il faut avouer qu’en général, les motos de cette périodes sont visuellement « lourdes » : caches plastiques proéminents, angles droits et feux arrières/clignotants « boîtes à chaussures »… Avec nos 30-40 ans de recul, on ne peut que regretter la grâce des Honda CB 500 Four quand on voit la CX 500 de 1978. (Parce que oui, ça a commencé à la fin des années 70)

Pourtant, ce travail d’ingénierie et cette course à la démesure, nous a offert quelques mythes dont (liste très très loin d’être exhaustive) :

  • La Kawasaki GPZ 750 Turbo en 1983
  • La Yamaha VMax 1200 en 1984
  • La Suzuki GSX-R 750 en 1985

Alors oui, ça fait beaucoup de plastique. Mais plus modestement, on trouve des modèles très jolis et plutôt fins. Il s’agit de modèles mid-size qui n’étaient pas ébouriffants mais qui offrent des prestations tout à fait d’actualité (un charme fou, du confort, du couple, une consommation ridicule) pour un prix aujoud’hui très bas. Par exemple :

  • La Yamaha XJ 650 de 1980
  • La Kawasaki Z650 F2 de 1982
  • La Yamaha XT 600 Z Ténéré de 1983

C’est simple, si vous souhaitez une youngtimer sympa, qui ne vous ruine pas, pour rouler au quotidien sans ennuis, je ne peux que vous inciter à lorgner sur une moto des eighties.

Les constructeurs ne sont pas dupes et aujourd’hui les néo-rétro commencent prendre modèle sur leur aïeules des années 80. Mais les vraies rétro vous apporteront des prestations proches des motos modernes, la technologie en moins, le charme en plus.

Je ne compare pas les performances d’un SRX-6 à l’outil formidable qu’est la FZ6 mais pour le charisme, le jugement est sans appel

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