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Buell X1 Lightning

La philosophie des Buell est unique : faire des moto sportives avec le gros twin culbuté Harley Davidson. Et depuis la disparition de la marque en 2009, ces machines sont devenus des collectors. Avant les XB, il y a eu la X1 Ligthning.

Si en 2003, les modèles XB sortirent Buell de la confidentialité grâce à des solutions techniques innovantes (cadre-réservoir, disque paramétrique…), Erik Buell avait déjà éprouvé de nombreux modèles.

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Les Buell ne sont pas réputées pour leurs instrumentations

Pour faire court, Dans les années 80, Harley-Davidson décide de fournir des moteurs à Erik Buell, ancien ingénieur chassis de la marque, afin qu’il puisse laisser libre court à ses envies créatrices. Voyant que ça fonctionne plutôt bien, H-D propose de créer une nouvelle société, dédiée à la construction de moto de route sportive, motorisée par le gros twin culbuté de la marque.

En  Buell Motorcycle Company est créée, détenue à 49 % par Harley-Davidson et 51% par Erik Buell. En 1998, la Buell Motorcycle Company devient une filiale de Harley-Davidson lorsque cette dernière rachète 49 % supplémentaires. Erik Buell conserve 2 % des parts et reste à la tête de la filiale.

C’est dire qu’on y croit à Milwaukee ! Sauf qu’en 2009, Harley Davidson fermera les porte de Buell après que cette dernière n’ait distribué que 136 000 motos en 16 années de production dont quelques modèles désormais bien collectors comme la S1 Lightning, S2 Thunderbolt, M2 Cyclone, X1 Lightning et bien entendu les XB12 et XB9.

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Ramassée, compacte… Nos yeux sont attirés sur l’énorme bloc de la Sportster 1200

Cette jolie X1 Lightning a la particularité d’être brute de fonderie comme les modèles des années 90 mais également dotée de l’injection. Elle amorce la transition vers les XB plus « civilisées ».

Un ami ne jurant que par le bloc de Milwaukee, chevauchant lui même une S1, ne tarit pas d’éloges sur ces machines. Je ne demandais qu’a voir et c’est vrai que cette X1 m’a tapé dans l’œil. Il me fallait l’essayer en laissant de coté tous mes aprioris de motard lambda.

Déjà, elle en impose avec son énorme bloc de 1200cc et son look taillé à la serpe. La coque arrière en alu est superbe. Bon, on ne s’embête pas avec le superflu, il ne faut pas chercher d’aspect pratique, à part un guidon, il n’y en a pas. La position est naturelle et même ma grande taille se sent à l’aise. La moto est étroite et promet une belle balade.

La moto s’ébroue sans difficulté grâce à l’injection. Le bloc vibre énormément dans une sonorité « so Harley » grâce à un Screamin’Eagle caché sous le moteur. On s’aperçoit tout de suite de la philosophie de la machine :

C’est raide et ça va être violent !

Le temps de sortir du parking et c’est le début d’une superbe découverte ! C’est bien ce que je pensais : ni souplesse dsc_0867ni bonne manière, la X1 est une brute, une bonne grosse moto de bûcheron en mal de forêt ! Sous 2000 trs, les vibrations du moteur sont insupportables mais une fois calé à 3000 trs et jusqu’à 5000 (au delà ça ne sert à rien), la moto propulse son pilote de virage en virage dans un son étourdissant et un couple jouissif. Les virages s’enchaînent sans difficulté grâce à une partie cycle hyper rigide qui offre une tenue de route formidable compte-tenu des gènes HD de la bestiole.

Grisante, on attend la sortie de virage  pour essorer la poignée et se retrouver catapulté jusqu’à la prochaine courbe ! Le freinage est puissant et sécurisant, ce qui est une bonne chose, vue la facilité déconcertant d’arriver comme un sauvage dans un gros virage.

Avec un caractère pareil, difficile de rouler en ville mais vous vous en doutiez. La X1 est parfaite sur les départementales, tant que le revêtement reste propre. Parce que oui, l’amortissement est d’une raideur qui rend la machine très désagréable sur route dégradée. Elle tape franchement dans le dos.

Autre petit reproche, sortir 95cv de ce bon vieux bloc culbuté est superbe et il dispose d’une allonge formidable mais sous les 3000 trs la machine n’est pas exploitable. Par contre, entre 3 et 5000 trs, c’est un baril de poudre ! Couplé avec une boite précise mais lente, certains passages devient franchement techniques lorsqu’il faut rétrograder rapidement pour éviter le sous régime.

Mon dernier reproche, et surement le plus dommage à mes yeux, est que dépourvue d’aspect pratique, avec une philosophie de grosse brute épaisse, la moto n’est pas utilisable au quotidien. Je ne me vois pas monter dessus pour voyage.

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Belle sous tous les angles

Passer ces reproches, la Buell X1 Lightning reste une surprenante et excellente découverte, un énorme jouet taillé pour l’arsouille et les gros-bras. Lorsque j’ai ramené la machine, je n’avais qu’une envie, retourner tailler la route…

 

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